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Climatisation et maladie
Affirmation éclairée
Il paraît que la climatisation rend malade
L'essentiel
En bref
Le froid ne crée pas de virus et ne suffit pas à provoquer un rhume.
La climatisation peut toutefois causer des effets indirects : air sec, allergènes, contaminants ou mauvaise ventilation.
Un nez qui coule ou un vrai rhume après un passage du chaud au froid peut donner une fausse impression de causalité.
Le cas emblématique de contamination à la légionellose de 1976 concernait des tours aéroréfrigérantes, pas des climatiseurs domestiques.
L'idée à retenir
La climatisation peut provoquer certains effets (irritation par ex.), mais elle ne suffit pas à expliquer à elle seule qu’on tombe malade.
En bref
Le froid ne crée pas de virus et ne suffit pas à provoquer un rhume.
La climatisation peut toutefois causer des effets indirects : air sec, allergènes, contaminants ou mauvaise ventilation.
Un nez qui coule ou un vrai rhume après un passage du chaud au froid peut donner une fausse impression de causalité.
Le cas emblématique de contamination à la légionellose de 1976 concernait des tours aéroréfrigérantes, pas des climatiseurs domestiques.
L'idée à retenir
La climatisation peut provoquer certains effets (irritation par ex.), mais elle ne suffit pas à expliquer à elle seule qu’on tombe malade.
Sous la lumière
Promesse ou affirmation
La clim rend malade » peut désigner plusieurs phénomènes : un rhume après un changement brutal de température, des symptômes ressentis dans certains locaux climatisés, des problèmes liés à un mauvais entretien ou encore la légionellose.
Cette affirmation mélange plusieurs phénomènes : infection, irritation liée à l’air sec, allergènes et mauvaise qualité de l’air.
Provenance
Cette idée existait avant la climatisation : dans de nombreuses cultures, le froid et les courants d’air sont déjà associés à la maladie. Quand le nez coule ou que la gorge pique après être entré dans une pièce froide, le lien paraît évident.
La légionellose a renforcé cette association. En 1976, une épidémie de pneumonie pendant un congrès de la Légion américaine, à Philadelphie, a causé 29 décès. L’hôtel était climatisé. La contamination venait pourtant de tours aéroréfrigérantes, qui utilisent de l’eau pour refroidir l’air, et non de climatiseurs domestiques ordinaires.
Preuves
La climatisation ne crée pas de virus. Un courant d’air froid ne provoque donc pas, à lui seul, un rhume.
Air sec et entretien : des effets indirects
La climatisation peut faire descendre l’humidité de l’air sous 40 %. Le nez et la gorge s’irritent alors plus facilement. Une gorge sèche ou une congestion peuvent donner l’impression qu’un rhume commence, sans qu’il y ait forcément d’infection.
Des filtres non nettoyés peuvent accumuler bactéries, moisissures et allergènes, puis les disperser dans l’air. Ces contaminants peuvent favoriser des réactions allergiques, des crises d’asthme et, plus rarement, une pneumopathie d’hypersensibilité. Les personnes asthmatiques, allergiques ou immunodéprimées sont davantage exposées.
Légionellose : des systèmes à distinguer
La légionellose se transmet quand on inhale des aérosols d’eau contaminée. Les tours aéroréfrigérantes, les douches et certains humidificateurs sont des sources documentées. Les climatiseurs domestiques ou automobiles à compression fonctionnent en circuit fermé et ne reposent pas sur le même système. Selon les autorités françaises, ils ne sont pas concernés par le développement de cette bactérie.
Le syndrome du bâtiment malade
Dans certains bureaux, des maux de tête, de la fatigue, une toux ou des irritations apparaissent puis diminuent quand on quitte le bâtiment. On parle alors de « syndrome du bâtiment malade ». La climatisation peut être associée à ces symptômes, mais elle n’est pas seule en cause : ventilation insuffisante, confinement et caractéristiques du bâtiment peuvent aussi intervenir. Il reste difficile d’isoler sa part exacte.
Froid et défenses antivirales
Les grands écarts de température sont parfois accusés « d’affaiblir l’immunité ». En 2015, une étude menée sur des cellules des voies aériennes de souris a observé une réponse moins efficace contre le rhinovirus à basse température. Ce résultat suggère un mécanisme biologique possible, mais il ne permet pas de conclure qu’un endroit climatisé provoque à lui tout seul une infection chez l’être humain. Ce sujet est abordé plus précisément sur la fiche dédiée ATTRAPER FROID.
Transmission des infections : des données incertaines
Une revue publiée en 2021 dans le milieu hospitalier a observé davantage d’infections associées aux soins avec certains systèmes de climatisation. Les auteurs jugent toutefois leur effet sur la transmission des micro-organismes « largement incertain ». Une mauvaise ventilation peut aussi concentrer les aérosols dans un espace clos.
Pourquoi cela paraît crédible ?
Pièges d’interprétation
Illusion de causalité : on passe du chaud à une pièce climatisée, puis un rhume apparaît. La succession des événements suffit à créer un lien de cause à effet.
Des symptômes qui se ressemblent : l’air sec irrite réellement le nez et la gorge. Ces signes ressemblent à un début de rhume.
Un risque réel généralisé : une installation mal entretenue peut disperser des contaminants. On étend ensuite ce cas particulier à toutes les climatisations.
Facteurs extérieurs
Le froid associé à la maladie : cette croyance ancienne se reporte sur la climatisation, qui donne elle aussi une sensation de froid et de courant d’air
Le souvenir de la légionellose : l’épidémie de 1976 a rapproché climatisation et maladie grave, alors que les tours aéroréfrigérantes ne fonctionnent pas comme un climatiseur domestique.
Aller plus loin
Fiche mémo
Retrouvez bientôt l’essentiel de cette analyse dans une fiche pratique à imprimer et à partager.

Comment interroger l'affirmation ?
Les questions qui suivent n’ont pas vocation à apporter des réponses, mais à ouvrir des pistes de réflexion. Elles invitent à examiner cette affirmation sous différents angles et à se forger une opinion éclairée.
- Quand un rhume apparaît après un passage du chaud au froid, quels autres facteurs (exposition à d’autres personnes, fatigue, saison) pourraient expliquer ce timing en dehors de la climatisation elle-même ?
- Une étude montrant un effet sur des cellules de souris à basse température permet-elle à elle seule de conclure à un effet comparable chez l’être humain dans une pièce climatisée ?
- Sur quels critères peut-on distinguer les symptômes liés à l’air sec de ceux liés à une véritable infection virale ?
N’hésitez pas à vous en poser d’autres : c’est souvent en multipliant les points de vue que l’on évalue une affirmation avec le plus de rigueur.
Sources et références
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Sources primaires
Climatisation et transmission de micro-organismes en milieu hospitalier :
Sifat Sharmin et al., « Effects of air-conditioning systems in the public areas of hospitals: A scoping review », Epidemiology & Infection, 2021 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8438419/
Légionellose et sources de contamination :
Ministère de la Santé, « Légionellose », 2025 : https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/article/legionellose
Transmission de la légionellose par les aérosols d’eau contaminée :
Organisation mondiale de la Santé, « Légionellose », 2022 : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/legionellosis
Tours aéroréfrigérantes et risque de légionellose :
DREAL Hauts-de-France / INERIS, « Tours aéroréfrigérantes et légionellose » : https://aida.ineris.fr/inspection-icpe/air/prevention-legionnellose/tours-aerorefrigerantes
Polluants de l’air intérieur et qualité de l’air :
Organisation mondiale de la Santé, WHO Guidelines for Indoor Air Quality: Selected Pollutants, 2009 : https://www.who.int/publications/i/item/9789289002134
Revue systématique sur le syndrome du bâtiment malade :
I. L. Niza et al., « Sick building syndrome and its impacts on health, well-being and productivity: A systematic literature review », Indoor and Built Environment, 2024 : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/1420326X231191079
Syndrome du bâtiment malade et maladies liées aux bâtiments :
Nath et al., « Sick Building Syndrome and Other Building-Related Illnesses », 2018 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7153445/
Données sur le syndrome du bâtiment malade :
M. Gomzi, « Sick Building Syndrome », Archives of Industrial Hygiene and Toxicology, 2009 : https://hrcak.srce.hr/file/56816
Température des voies respiratoires et défense contre le rhinovirus :
E. F. Foxman et al., « Temperature-dependent innate defense against the common cold virus limits viral replication at warm temperature in mouse airway cells », PNAS, 2015 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4311828/
Allergies respiratoires liées aux climatiseurs automobiles :
P. Kumar, R. Marier et S. H. Leech, « Respiratory allergies related to automobile air conditioners », New England Journal of Medicine, 1984 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/6504096/
Sources secondaires
Climatisation et qualité microbiologique de l’air automobile :
Challenges, « La climatisation améliore la qualité de l’air », présentation d’une étude menée à Hanovre et communiquée à l’ECCMID, 2024 : https://www.challenges.fr/automobile/etude-sante-la-climatisation-ameliore-la-qualite-de-l-air_3851
Climatisation et risque de rhume :
Dr Faïza Bossy, propos recueillis par Numerama, « Peut-on vraiment tomber malade à cause de la climatisation ? », 2025 : https://www.numerama.com/sciences/1456238-peut-on-vraiment-tomber-malade-a-cause-de-la-climatisation.html
Effets respiratoires attribués à la climatisation :
Dr Frédéric Le Guillou, propos recueillis par L’Internaute, 2025 : https://www.linternaute.com/sante/8260955-article-clim-malade/
Froid et infections respiratoires :
Medical News Today, « Does cold weather make you sick? », 2018 : https://www.medicalnewstoday.com/articles/323431








