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Sexe bébé et signes pendant grossesse

Affirmation éclairée

Il paraît que des signes pendant la grossesse révèlent le sexe du bébé : forme du ventre, préférences alimentaires, etc.

Solidité de l'affirmation
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NON DÉMONTRÉE

Publié le

L'essentiel

En bref

Aucun lien n’est établi entre le sexe du bébé et ces signes. 

La forme du ventre dépend surtout du placenta, du tonus abdominal, du liquide amniotique et de la morphologie.

Ces signes ne prédisent pas le sexe de façon fiable : 55 % de bonnes réponses dans une étude 1999, aucun lien pour les envies alimentaires et seulement de faibles écarts pour les nausées ordinaires.

Les nausées et vomissements sévères sont un peu plus fréquents lors des grossesses de filles, mais restent rares (0,3 à 2 %) et ne permettent pas de prédire le sexe.

La croyance s’entretient facilement : les réussites se retiennent mieux que les erreurs et circulent dans les familles, les forums et les réseaux sociaux.

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L'idée à retenir

Avec une chance sur deux de tomber juste, les “signes” de grossesse peuvent facilement donner l’illusion de prédire le sexe du bébé. L’échographie et les tests génétiques prénataux sont les méthodes fiables.

En bref

Aucun lien n’est établi entre le sexe du bébé et ces signes. 

La forme du ventre dépend surtout du placenta, du tonus abdominal, du liquide amniotique et de la morphologie.

Ces signes ne prédisent pas le sexe de façon fiable : 55 % de bonnes réponses dans une étude 1999, aucun lien pour les envies alimentaires et seulement de faibles écarts pour les nausées ordinaires.

Les nausées et vomissements sévères sont un peu plus fréquents lors des grossesses de filles, mais restent rares (0,3 à 2 %) et ne permettent pas de prédire le sexe.

La croyance s’entretient facilement : les réussites se retiennent mieux que les erreurs et circulent dans les familles, les forums et les réseaux sociaux.

L'idée à retenir

Avec une chance sur deux de tomber juste, les “signes” de grossesse peuvent facilement donner l’illusion de prédire le sexe du bébé. L’échographie et les tests génétiques prénataux sont les méthodes fiables.

Sous la lumière

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Promesse ou affirmation

« Ventre pointu, c’est un garçon. Ventre rond, c’est une fille. » D’autres signes sont censés donner la réponse : porter le bébé haut ou bas, avoir envie de sucre ou de salé, souffrir beaucoup de nausées ou presque pas.

Dans tous les cas, l’idée est la même : le sexe du bébé changerait le corps, les symptômes ou l’appétit de la mère, assez pour qu’on puisse le deviner.

Provenance

Chercher le sexe d’un bébé à partir du corps de la mère est une idée ancienne. Dans l’Antiquité grecque, Hippocrate proposait déjà d’observer des signes physiques, comme la taille des seins ou l’aspect des yeux.

Ces croyances se sont transmises oralement, à travers les habitudes liées à la grossesse. Elles se transmettent dans les familles et, aujourd’hui, sur les forums et les réseaux sociaux.

Dire « fille » ou « garçon » donne environ une chance sur deux de tomber juste. Quelques réussites suffisent à donner l’impression qu’une règle fonctionne

Preuves

La forme du ventre ne prédit pas le sexe

En 1999, David Perry, Janet DiPietro et Kathleen Costigan ont étudié 104 femmes enceintes qui ne connaissaient pas le sexe de leur bébé. Elles devaient le deviner à partir, entre autres, de croyances populaires.

Le taux global de bonnes réponses était de 55 %. Les chercheurs n’ont pas trouvé de lien systématique entre le sexe du fœtus et la forme du ventre ou les nausées matinales.

La forme du ventre dépend de facteurs sans lien établi avec le sexe du fœtus : position du placenta, tonus des muscles abdominaux, taille du fœtus, quantité de liquide amniotique ou morphologie de la mère. Un placenta situé vers le dos peut pousser le bébé vers l’avant. Des grossesses précédentes peuvent aussi modifier le tonus abdominal.

Les envies alimentaires ne donnent pas la réponse

En 2024, une étude publiée dans BMJ Open a examiné les envies alimentaires de 500 femmes enceintes en Jordanie. Aucune association statistiquement significative n’a été trouvée entre le type d’aliments désirés et le sexe du bébé.

Les envies changent aussi selon les cultures. Les données citées rapportent des préférences différentes au Nigeria, au Japon et aux États-Unis, ce qui va à l’encontre de l’idée d’un signe universel lié au sexe du bébé.

Les nausées demandent plus de nuance

Pour les nausées ordinaires, les données ne permettent pas de prédire le sexe. Une étude publiée en 2020, portant sur 4 320 grossesses rapportées par 2 543 mères, a trouvé des nausées légèrement plus fréquentes pour les grossesses de filles : 6,35 sur 9 contre 6,04.

L’écart est faible. Les participantes rapportaient leurs souvenirs après coup. Cela expose à un biais de mémoire, et les diagnostics n’étaient pas vérifiés cliniquement. L’effet est trop faible pour une prédiction individuelle.

La situation est différente pour l’hyperemesis gravidarum, une forme sévère de nausées et vomissements pouvant nécessiter une hospitalisation. Une étude suédoise sur 8 186 femmes hospitalisées a observé 44,3 % de garçons, contre 51,4 % dans la population générale. Une autre étude, menée sur 2 110 femmes hospitalisées dans l’État de Washington, a également trouvé une association avec le sexe féminin.

Ce lien est bien observé dans les formes sévères, mais l’hyperemesis gravidarum ne concerne qu’une minorité des grossesses, entre 0,3 et 2 %. C’est trop rare et trop imprécis pour déterminer le sexe d’un bébé.

Pourquoi cela paraît crédible ?

Pièges d’interprétation

Une chance sur deux de tomber juste : une prédiction « fille ou garçon » a déjà 50 % de chances d’être correcte, même sans méthode. Dans l’étude de 1999, les croyances populaires ont donné 55 % de bonnes réponses, un résultat qui ne montre pas qu’elles permettent réellement de prédire le sexe du bébé.

Biais de confirmation et mémoire sélective : une prédiction réussie se retient et se raconte. Les erreurs, elles, sont plus facilement oubliées ou expliquées après coup.

Illusion de causalité : une envie de chocolat suivie de la naissance d’une fille peut devenir une « preuve » personnelle, même si les études ne retrouvent pas de relation générale.

Confusion entre association et prédiction : une association statistique sur les nausées sévères peut être transformée en règle simple : « beaucoup de nausées = une fille ». Les données ne permettent pas ce raccourci.

Facteurs extérieurs

Une tradition facile à transmettre : ces règles sont simples et ne demandent aucun matériel. Elles se racontent pendant la grossesse et passent d’une génération à l’autre.

Le besoin de réduire l’incertitude : la grossesse peut être une période très chargée en émotions. Chercher des signes peut donner l’impression d’obtenir une réponse avant l’échographie ou un test.

La répétition sociale : familles, forums et réseaux sociaux multiplient les témoignages. On retient surtout les histoires où la règle tombe juste. Les cas contraires circulent moins.

Aller plus loin

Fiche mémo

Retrouvez bientôt l’essentiel de cette analyse dans une fiche pratique à imprimer et à partager.

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Comment interroger l'affirmation ?

Les questions qui suivent n’ont pas vocation à apporter des réponses, mais à ouvrir des pistes de réflexion. Elles invitent à examiner cette affirmation sous différents angles et à se forger une opinion éclairée.

  • Si les envies alimentaires révélaient le sexe du bébé, devrait-on retrouver la même relation dans des contextes culturels différents ?
  • Quels résultats faudrait-il observer, de façon répétée, pour conclure qu’un de ces signes prédit réellement le sexe du bébé ?
  • Si les signes populaires décrivaient de manière fiable le sexe du bébé, pourquoi ne sont-ils pas utilisés comme outils validés par les professionnels de santé ?

N’hésitez pas à vous en poser d’autres : c’est souvent en multipliant les points de vue que l’on évalue une affirmation avec le plus de rigueur.

Sources et références

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Sources primaires

Test des croyances populaires sur la grossesse :
Perry DF, DiPietro J, Costigan K., Are women carrying « basketballs » really having boys? Testing pregnancy folklore, 1999 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10655817/

Nausées sévères pendant la grossesse et sexe du bébé :
Askling J, Erlandsson G, Kaijser M, Akre O, Ekbom A., Sickness in pregnancy and sex of child, 1999 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10636378/

Hyperemesis gravidarum et proportion de filles :
Schiff MA, Reed SD, Daling JR., The sex ratio of pregnancies complicated by hospitalisation for hyperemesis gravidarum, 2004 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14687048/

Nausées matinales et grossesse de fille :
Young NR, La Rosa M, Mehr SA, Krasnow MM., Does greater morning sickness predict carrying a girl? Analysis of nausea and vomiting during pregnancy from retrospective report, 2020 : https://mehr.nz/pdf/2020_YoungEtAl_ArchGynObs.pdf

Envies alimentaires pendant la grossesse et sexe du bébé :
Kloub SM, Banihani SA., Exploring associations between pregnancy cravings and sociodemographic, lifestyle and health factors: insights from a cross-sectional population study in Jordan, 2024 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10916096/

Envies alimentaires pendant la grossesse :
Pregnancy Birth and Baby, Australian Government, Healthdirect, Food cravings during pregnancy, révisé en février 2024 : https://www.pregnancybirthbaby.org.au/food-cravings-during-pregnancy

Sources secondaires

Croyances populaires sur les signes annonçant le sexe du bébé :
Linda Geddes, Bumpology: Can old wives’ tales tell me my baby’s sex?, New Scientist, date non indiquée : https://www.newscientist.com/article/dn18827-bumpology-can-old-wives-tales-tell-me-my-babys-sex/

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